Bangui 24 avril 2026—(Les Echos d’Afrique): L’affaire impliquant Samantha Olivia Imanga continue de susciter une vive polémique en République centrafricaine. Au-delà d’un cas individuel, ce dossier relance le débat sur la protection des עובדים, en particulier des femmes, face aux violences et abus en milieu professionnel.
Dans une vidéo largement diffusée en ligne, Samantha Olivia Imanga affirme avoir été victime de harcèlements sexuels répétés au sein de Mercure Logistics. Elle met en cause le Directeur technique, Abou Mohamed, qu’elle accuse de comportements inappropriés.
Selon son témoignage, son licenciement serait intervenu peu après avoir signalé ces faits à la direction des ressources humaines. Le motif officiel évoqué, un « défaut de moralité », suscite incompréhension et indignation dans l’opinion publique.
Au-delà du harcèlement, l’ex-employée décrit un environnement de travail marqué par des pressions psychologiques, des humiliations publiques et des pratiques jugées discriminatoires.
La version de Mercure Logistics
Face à ces accusations, la direction des ressources humaines, par la voix de Ngarso Sorongopé, apporte une version différente des faits. Selon lui, le licenciement de la plaignante s’inscrirait dans un contexte de réorganisation interne et de réduction des effectifs, notamment en raison d’un sureffectif sur certains postes.
Le responsable reconnaît toutefois ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer les faits de harcèlement, invitant la concernée à saisir la justice pour faire valoir ses droits.
Il souligne également que des sanctions auraient déjà été prises dans le passé contre certains employés pour comportements jugés inappropriés, évoquant notamment des cas de rapatriement d’expatriés.
L’affaire prend une dimension plus large avec l’émergence d’autres témoignages. Une autre employée aurait récemment saisi l’inspection du travail pour des faits similaires, renforçant l’hypothèse d’un malaise plus profond au sein de l’entreprise.
Ces éléments alimentent les interrogations sur l’efficacité des mécanismes de prévention et de sanction du harcèlement en milieu professionnel en République centrafricaine.
Indignation et appel à la justice
Plusieurs organisations de la société civile ont réagi à cette affaire. Portia Deya Abazene, figure engagée pour les droits des femmes, dénonce une réalité souvent tue.
Selon elle, le harcèlement sexuel est parfois utilisé comme un outil de domination dans le monde du travail, tandis que les victimes sont exposées à des représailles allant jusqu’au licenciement.
Elle appelle à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes pour protéger les femmes et garantir leur dignité dans le milieu professionnel. Alors que l’affaire continue d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux, elle pose une question centrale.
Les dispositifs juridiques et institutionnels existants sont-ils réellement capables de protéger les victimes et de sanctionner les auteurs de tels actes ?
En brisant le silence, Samantha Olivia Imanga transforme son cas personnel en un enjeu de société. Reste désormais à savoir si cette affaire débouchera sur des actions judiciaires et des réformes concrètes pour lutter contre le harcèlement en milieu professionnel en République centrafricaine.
