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Quand des agents d’Air France à Bangui foulent á pied la souveraineté centrafricaine

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Abidjan 13 janvier 2026 —(Les Echos d’Afrique): L’article publié par Corbeau News sur l’affaire opposant Air France à la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Témon, n’a rien d’une investigation journalistique. Il s’apparente plutôt à un réquisitoire orienté, fondé sur des amalgames, des insinuations personnelles et une narration volontairement déséquilibrée. Non seulement, une telle approche tente de ternir l’image des autorités centrafricaines, mais aussi porte atteinte à la dignité de l’État centrafricain.

Il est essentiel de le rappeler avec force. l’incident survenu lors du vol Paris-Bangui ne saurait être réduit à une fantasmée agitation. Les éléments disponibles, corroborés par des témoignages du personnel aéroportuaire de Bangui, pointent avant tout un dysfonctionnement chronique d’Air France dans la gestion des bagages, un problème reconnu par l’équipage à bord. Aucun fait établi ne permet d’affirmer qu’il y ait eu trouble à l’ordre, mise en danger du vol ou comportement inapproprié de la ministre.

Le cœur du scandale est ailleurs, et Corbeau News se garde bien de l’analyser avec honnêteté. Selon plusieurs témoignages concordants, des propos injurieux et ouvertement racistes ont été tenus au sol par le chef d’escale d’Air France à Bangui, un certain Kamel. S’appuyant sur des messages mensongers transmis par une employée de l’agence qui est l’une de ses maitresses, il se serait livré à des insultes visant non seulement la cheffe de la diplomatie centrafricaine, mais aussi la République centrafricaine, ses ministres et même le Chef de l’État. Ces dérives verbales, dénoncées de longue date par des agents aéroportuaires centrafricains, ont nourri un climat de tension et d’humiliation inacceptable.

Dans ce contexte, le choix de la ministre de saisir la justice en tant que citoyenne relève d’un acte parfaitement légitime. Porter plainte n’est ni un abus de pouvoir ni un règlement de comptes politique : c’est l’exercice d’un droit fondamental dans un État de droit. Tenter de transformer ce recours légal en scandale politique relève de la mauvaise foi.

La ligne rouge est franchie lorsque Corbeau News déplace délibérément le débat vers la vie privée, la nationalité ou le passé administratif de la ministre. Ces digressions, sans lien direct avec l’affaire, occultent l’essentiel, celui des efforts diplomatiques engagés par Sylvie Baïpo-Témon, sous l’impulsion du président Faustin Archange Touadéra, pour repositionner la Centrafrique sur la scène internationale.

La menace brandie par Air France de suspendre la liaison Paris-Bangui apparaît tout aussi discutable. Comment invoquer une non-rentabilité économique alors que les vols sont régulièrement complets et que, dans le même temps, d’autres compagnies renforcent leur présence en Centrafrique? Ethiopian Airlines assure désormais des vols quotidiens, tandis que Royal Air Maroc étend son offre à trois vols directs vers Bangui avec des appareils plus modernes.

Ces faits contredisent frontalement le discours alarmiste, teinté d’un paternalisme d’une autre époque révolue. Ils interrogent également le rôle joué par certains responsables locaux d’Air France, accusés d’avoir produit de faux rapports économiques pour justifier une stratégie de retrait. Faut-il y voir une tentative d’isolement politique de la Centrafrique et de son Président ? La question mérite d’être posée.

Derrière cette affaire se dessine un enjeu bien clair. Instrumentaliser un différend interne à une compagnie aérienne pour faire pression sur un État souverain serait non seulement disproportionné, mais dangereusement révélateur de réflexes postcoloniaux persistants. La Centrafrique mérite mieux que des campagnes de dénigrement. Elle mérite le respect de sa souveraineté, de ses institutions et de ses citoyens. 

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