Bangui 29 décembre 2025—(Les Echos d’Afrique): Les événements rapportés à Bossangoa, dans le nord de la République centrafricaine, dépassent le simple fait divers électoral. Ils posent une question fondamentale, jusqu’où certains acteurs politiques, comme Anicet Georges Dologuelé, sont-ils prêts à aller lorsqu’ils pressentent une défaite dans les urnes ?
La saisie d’urnes présumées bourrées, ainsi que l’interpellation de suspects proches du candidat Anicet Georges Dologuélé, jettent une ombre lourde sur le discours récurrent d’une opposition qui se proclame victime avant même la proclamation officielle des résultats.
Plus grave encore, les soupçons de collusion avec un agent de l’Autorité nationale des élections en la personne de Davy Yama, renforcent l’idée d’une tentative délibérée de manipulation du verdict populaire.
À Bossangoa, comme ailleurs, le peuple centrafricain s’est exprimé par le vote. Lorsque ce verdict ne correspond pas aux ambitions de Dologuelé qui se voit perdant, la tentation semble grande de recourir à des stratégies parallèles de fabrication de résultats, intoxication des réseaux sociaux, dénonciation anticipée d’un prétendu « hold-up électoral ».
Ce schéma, désormais bien connu sur le continent, et alerté á la veille du scrutin du 28 décembre 2025, vise moins à gagner une élection qu’à délégitimer les institutions et à installer un climat de suspicion post-électorale.
Pendant que les institutions compétentes s’emploient à vérifier les faits par les voies légales prévues par le code électoral, il est particulièrement préoccupant de constater que certains partisans de l’opposition préfèrent alimenter l’opinion avec des chiffres fantaisistes et des récits soigneusement scénarisés. Une telle attitude ne relève pas de la compétition démocratique, mais d’une fuite en avant politique.
L’affaire de Bossangoa rappelle avec force que la démocratie ne se limite pas à la participation au scrutin. Elle exige aussi l’acceptation des règles du jeu, le respect des institutions et la reconnaissance du choix souverain des électeurs. Lorsque ces principes sont bafoués, ce n’est pas un candidat qui est lésé, mais l’ensemble de la Nation.
Si les faits allégués venaient à être confirmés par les forces de l’ordre qui ont appréhendé les suspects, ils illustreraient une fois de plus l’incapacité du camp Dologuelé à convaincre par un projet crédible et par des actions concrètes. Face à cette impuissance, la manipulation et la subversion deviennent des substituts dangereux au débat démocratique.
Plus que jamais, la République centrafricaine a besoin de responsabilité, de retenue et de respect de la vérité électorale. Toute tentative de travestir le vote populaire pour masquer une défaite annoncée ne ferait que renforcer l’isolement politique de ses auteurs et fragiliser la cohésion nationale chèrement reconstruite.

